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Les facteurs d’absentéisme

informationAvis d'expert : Anne-Sophie Godon, Directrice Innovation, études et veille Malakoff Médéric, mars 2015

Il n'existe pas un absentéisme mais bien des profils différents de salariés absents. Analyse de la typologie des salariés face à l’absence en France.

L’analyse des données d’absentéisme montre qu’il n’y a pas un profil d'absent, mais bien différents profils. Ils combinent des déterminants démographiques (âge, genre par exemple), des déterminants professionnels (métier, conditions de travail,…), mais aussi sanitaires et sociaux.

Une prévention et une prise en charge efficaces impliquent une bonne compréhension de ces profils.

"Pas un absentéisme mais des absentéismes"

En croisant les données issues de nos différentes études, nous avons élaboré une typologie des salariés (groupe ayant des caractéristiques similaires) face à l’absence.

Typologie des salariés face à l'absence - Source : Baromètre annuel Malakoff Médéric " Santé et bien-être au travail"

Ainsi, 36 % des salariés ont eu au moins un arrêt maladie dans l’année. Bien que n’ayant pas connu d’arrêt maladie, 18 % ont été dans l’impossibilité (au moins une fois) de venir travailler sans que cela génère un arrêt maladie. Enfin, 44 % n’ont connu aucune forme d’arrêt.

Quand on regarde plus finement chacune de ces catégories, on aboutit à la typologie suivante :

  • Salariés absents pour maladie (36 %) : 14 % des salariés sont arrêtés au moins une fois dans l’année suite à un accident (chute de ski, accident domestique, opération médicale, etc.) et 22 % sont arrêtés pour des motifs physiques ou psychiques.

  • Salariés absents en raison d’événements imprévus (18 %) : la moitié, soit 9 % des salariés, présente des signes de fragilité : moindre confiance en l’avenir, difficultés personnelles importantes avec un impact sur le stress perçu.

  • Les salariés présents (44 %) n’ayant connu aucun arrêt de travail sont un peu moins d’un quart. Parmi eux, 9 % peuvent être qualifiés de "présentéistes*" c'est-à-dire présents au travail malgré des problèmes de santé physique ou psychique limitant la capacité productive (*Définition Arronsson - ANACT).

Une conjugaison de plusieurs facteurs de risque

Les déterminants de l’absentéisme trouvent leur origine à la fois dans la sphère professionnelle et dans la vie personnelle :
Corrélations avec l’état de santé et l’hygiène de vie :
Il existe une forte corrélation entre les facteurs suivants et la survenue d’un arrêt de travail dans l’année :

  • La consommation de produits stimulants, de somnifères ou d’antidépresseurs (augmentation de 60 % des arrêts maladie).

  • La mauvaise qualité du sommeil (augmentation de 30 %).

  • Le handicap ou la maladie chronique (les salariés souffrant de handicap ou de maladie chronique sont 50 % plus nombreux à être absents que la moyenne des salariés).

Corrélations avec les conditions de travail :

  • Un salarié ayant connu une restructuration ou une réorganisation de son service ou métier dans l’année est plus absent qu’un salarié qui n’a connu aucun événement (+ 20 %).

  • Un salarié reconnu par sa hiérarchie, qui bénéficie d’autonomie dans son travail et qui peut développer ses compétences professionnelles, sera moins arrêté au cours de l’année (taux inférieur de 10 %).

  • Les conditions de trajet domicile-travail impactent également fortement le taux d’absentéisme pour une entreprise (+13 %).

L’entreprise légitime pour mettre en place des actions de prévention contre l’absentéisme :
Un dirigeant sur deux déclare avoir mis en place des actions pour prévenir l’absentéisme au sein de son entreprise, et 35 % un plan d’accompagnement des salariés en arrêt maladie vers le retour à l’emploi, un service plébiscité par 60 % des salariés français.

Ces exemples renforcent l’idée que seule une prise en charge globale du salarié et de ses facteurs de risque permettra un retour au travail (ou à un travail) et une amélioration de sa qualité de vie.

Etude auprés des dirigeants (500) du secteur privé 2015 - Malakoff Médéric